POUR UNE DIVERSIFICATION DU MIX ENERGETIQUE EN CÔTE D’IVOIRE


Depuis quelques semaines la Côte d’Ivoire fait face à une crise énergétique due, d’une part à une rude saison sèche et au retard dans la fourniture d’équipements neufs, d’autre part.
La pandémie de la covid-19 ayant entravé les chaînes logistiques dans le monde Les conséquences sont donc sévères pour la vie économique et sociale du pays. L’impact réel est bien visible sur la fourniture d’eau, la qualité des télécommunications et la production industrielle.

Il convient de rappeler que l’essentiel de la production de l’énergie électrique ivoirienne est de source hydroélectrique et thermique (la Côte d’ivoire est un pays producteur de gaz naturel). La capacité de production de puissance électrique totale est de 2 229 MW en 2019 ; dont 879 MW de capacité hydroélectrique. L’ensemble du parc des structures hydroélectriques sont la propriété de l’Etat et la totalité de la production thermique est du secteur privé. Trois producteurs indépendants constituent le secteur privé de production électrique : CIPREL (Compagnie Ivoirienne de Production d’Electricité) ; Azito Energie et Aggreko Côte d’Ivoire). En outre, la Côte d’Ivoire exporte une partie de sa production électrique, dans le cadre de la WAPP (Système d’échanges d’énergies électriques de l’Afrique de l’Ouest) vers le Ghana, le Bénin, le Togo, le Mali, le Burkina Faso et le Liberia.

En dépit de ses performances énergétiques, la Côte d’ivoire n’était pas à l’abri de déconvenues et de risques de délestage. En effet, au regard de la configuration de son mix énergétique, une sorte de dépendance aux sources hydraulique et thermique s’est imposée. Par conséquent, mettre fin durablement à ces ennuis passe nécessairement par une diversification de son mix énergétique. Ainsi, l’amélioration de son offre énergétique passe nécessairement par le développement d’une large palette d’énergies renouvelables. Dans le cadre de son plan national d’action, la Côte d’Ivoire prévoit une part des énergies renouvelables dans son bouquet énergétique de 42% à l’horizon 2030. Ce qui, au vu des investissements actuels, est très utopique. N’empêche que beaucoup peut être fait au plus vite pour agir dans le bon sens. La production d’énergies renouvelables est un défi immense. Les énergies renouvelables offrent aujourd’hui des perspectives nouvelles au pays pour aborder une indépendance énergétique, source de développement socioéconomique. La Côte d’Ivoire est bien concernée par la mise en place de politiques stratégiques pour une souveraineté énergétique.

En définitive, pour éviter les difficultés de production, la solution adéquate est bien sûr de diversifier le mix énergétique du pays. La conséquence immédiate serait la non dépendance du système électrique à une ou deux sources énergétiques.


Constant K.KOROKO

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