Articles

POUR UN REEL SOFT POWER CULTUREL IVOIRIEN

Image
Une Nation n’est ni puissante, ni émergente ; elle le devient. La puissance militaire ou économique des États est traditionnellement au centre de la géopolitique. La lutte pour l’hégémonie entre puissances se manifeste à travers des rivalités guerrières diverses, directes ou indirectes, aux moyens et outils variés. En outre, les agrégats économiques et le positionnement commercial viennent améliorer le poids dans cette course à la domination. Fort heureusement, avancer ses pions sur l’échiquier géopolitique et de l’influence, n’émane pas uniquement du hard power (la manière forte). Le poids du soft power dans la défense des intérêts des États est remarquable et très factuel. L’art et la culture sont partie intégrante de ce pouvoir de convaincre et d’inspirer. Ce sont donc des outils de compétition entre États. Largement pratiqué par les États-Unis, concomitamment avec le hard power, son efficacité n’est donc plus à démontrer. Douk Saga, le créateur du Coupé-décallé Bien de pays, ...

Faut-il craindre une mauvaise organisation de la CAN 2023?

Image
Faut-il craindre une mauvaise organisation de la 34ème édition de la grand-messe du football africain en Terre éburnéenne ? Oui sans ambages. Il est vrai que la Côte d’Ivoire a bien progressé dans de nombreux secteurs, notamment les infrastructures sportives, routières, hôtelières, énergétiques, etc. Il est donc louable de féliciter les pouvoirs publics sur ces avancées notables. Mais ne nous y trompons pas, nous risquons dans quelques mois, de nous retrouver dans le cas de l’arbre qui cache la forêt. En effet, depuis le scandale d’Ebimpé, la plupart des observateurs font un point de fixation sur la livraison des stades et leur opérationnalité. Nous trouvons cela fort légitime. Cependant, au risque de naviguer à contre-courant du sentiment général, nous pensons sincèrement que les réels problèmes se trouvent bien ailleurs. Pour bénéficier d’infrastructures sportives adéquates, il suffit d’avoir les ressources financières et les normes à respecter. Et sur ce plan, nous faisons entièreme...

34ème édition de la Coupe d'Afrique des Nations, le temps des analyses à l'aune des groupes

  La cérémonie tant attendue et redoutée a eu lieu. Les groupes sont connus de tous, la première confrontation et l’attribution des villes aussi. Le temps de faire une analyse plus exhaustive sur le groupe A, celui de la Côte d’Ivoire, survolons brièvement l’ensemble des poules. Groupe A  : Abidjan-Plateau, stade Félix houphouët-Boigny Certainement le groupe le plus déséquilibré. Deux mastodontes du football africain confrontés à des « petits poucets », de nom évidemment. Bien entendu, le pays hôte et la Nigeria partent naturellement favoris. Mais, ne nous y trompons pas, dans un contexte de nivèlement des sélections africaines, le moindre faux-pas pourrait avoir des retombées dramatiques pour l’un des « grands ». Il faudra surtout se méfier de la Guinée Équatoriale qui gagne en expérience au fil des CAN. Pour ma part, je crois que la Côte d’Ivoire sera face à trois difficultés majeures : la pression, Ebimpé et l’inexpérience africaine de son staff...

CHRONIQUE DE LA ZLECAf - 2

Image
Les paysans africains et la ZLECAf Les matières premières agricoles africaines sont essentielles pour le commerce et les chaînes d’industrie dans le monde. Primordiale pour l’industrie agroalimentaire du continent, la circulation des productions agricoles est un axe majeur de la ZLECAf. Les organisations de paysans africains ont donc un rôle important à jouer dans l’opérationnalisation de cette zone de libre-échange. Théoriquement la ZLECAf devrait favoriser une augmentation substantielle du commerce intra-africain.   Par conséquent, un accroissement de l’offre agroalimentaire serait inévitable. Dès lors, les paysans, par le biais de leurs organisations, feraient bien d’adapter leurs offres de cultures et leurs techniques culturales pour profiter des opportunités de la ZLECAf. A bien des égards, la paysannerie africaine montre une réalité inadaptée à ce processus panafricain. En effet, les paysans africains sont ancrés dans une dynamique de culture d’autoconsommation. Le manque...

CHRONIQUE DE LA TRANSITION ENERGETIQUE EN AFRIQUE

Image
L’Afrique vers sa transition énergétique La production d’énergies renouvelables est un défi immense pour toute l’Afrique. Les énergies renouvelables offrent aujourd’hui des perspectives nouvelles au continent africain pour aborder une indépendance énergétique, source de développement socioéconomique. A l’instar des autres parties du monde, l’Afrique à travers l’UA, est bien concernée par la mise en place de politiques stratégiques pour une transition énergétique réussie. Aujourd’hui, la grande partie des sources énergétiques en Afrique est d’origine fossile. Ainsi, l’amélioration de son offre énergétique passe nécessairement par le développement d’une large palette d’énergies renouvelables. Les énergies renouvelables sont des énergies dont les sources sont considérées comme inépuisables à l’échelle humaine. Les énergies renouvelables recouvrent : l’énergie solaire thermique basse température, l’énergie thermique haute température, l’énergie solaire photovoltaïque, l’énergie éolie...

CHRONIQUE SUR LA ZLECAf

Image
Encore du temps pour la ZLECAf Quoique mise sur les rails le 1 er janvier 2021, la ZLECAf a encore du chemin, selon certains experts, pour atteindre sa vitesse de croisière. En effet, le Président de la commission Afrique-CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc), Abdou Diop, parle de « démarrage hybride » . Pour lui, cinq années sont nécessaires à la ZLECAf pour fonctionner pleinement. Il est incontestable que l’ajustement de tous les instruments commerciaux, techniques, et même administratifs devrait allonger l’accomplissement pratique de cet outil d’intégration continentale. Pour sa part, l’économiste Albert Lutete Mvuemba, tente de prôner les avantages de la ZLECAf pour la République Démocratique du Congo . Certes, la RDC ne manque pas d’atouts pour se faire une place dans cette vaste zone de libre-échange, mais il convient de souligner que la concurrence sera rude entre produits de différents pays. La ZLECAf n’est certainement pas un terrain de jeu pour le...

LE ZOUGLOU, INSTRUMENT D’UN SOFT POWER IVOIRIEN ?

Image
J ailli du marasme économique et des contestations estudiantines des années 90, le zouglou souffle ses 30 bougies cette année. 30 années de vie commune, de critiques, de progrès, de rejet et de succès. Le Zouglou, arme d’un peuple. Le zouglou, lumière d’une nation. Le zouglou, boussole d’une jeunesse. Tout a été dit (ou presque) sur ce genre musical originel et original urbain de la Côte d’Ivoire. Que dire des paroles profondes des Parents du Campus, de la satire footballistique des Poussins chocs, des histoires drôles de Fitini, du verbe invocateur d’Espoir 2000, des textes révolutionnaires des Salopards, de l’inspiration endiablée de Petit Denis, des pas de danse fantasmagoriques des Sur-Chocs, des sonorités nouvelles mondialisées de Magic System, et tous les autres. Quelles délices !   Bilé Didier, précurseur de cette musique transcendantale, avouait : « sans le zouglou la Côte d’ivoire aurait été un autre pays que ce qu’elle est aujourd’hui.» Propos crédibles et chargés de ...