Faut-il craindre une mauvaise organisation de la CAN 2023?
Faut-il craindre une mauvaise organisation de la 34ème édition de la grand-messe du football africain en Terre éburnéenne ? Oui sans ambages. Il est vrai que la Côte d’Ivoire a bien progressé dans de nombreux secteurs, notamment les infrastructures sportives, routières, hôtelières, énergétiques, etc. Il est donc louable de féliciter les pouvoirs publics sur ces avancées notables. Mais ne nous y trompons pas, nous risquons dans quelques mois, de nous retrouver dans le cas de l’arbre qui cache la forêt. En effet, depuis le scandale d’Ebimpé, la plupart des observateurs font un point de fixation sur la livraison des stades et leur opérationnalité. Nous trouvons cela fort légitime. Cependant, au risque de naviguer à contre-courant du sentiment général, nous pensons sincèrement que les réels problèmes se trouvent bien ailleurs.
Pour bénéficier d’infrastructures sportives adéquates, il suffit d’avoir les ressources financières et les normes à respecter. Et sur ce plan, nous faisons entièrement confiance aux autorités ivoiriennes. Pour nous, le mal viendra incontestablement de l’organisation, de la gestion des flux de spectateurs, des transports. Après le dramatique constat des faits dans les alentours et au sein du stade olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé, la sonnette d’alarme doit être tirée pour une meilleure attention sur ses sujets.
D’abord, nous savons que la Côte d’Ivoire n’a pas la tradition de l’organisation des évènements sportifs majeurs. De ce fait, il manque des repères aux populations et aux décideurs pour véritablement juger de l’efficacité des dispositifs mis en place. Par exemple, le dispositif policier implémenté lors du match international amical du 12 septembre contre le Mali, semblait convaincre avant l’arrivée des nombreux supporters, à pieds et en véhicule. Malheureusement ce fut un fiasco avant même l’arrivée de la pluie exceptionnelle. La raison officielle de cet échec organisationnel serait, selon, le gouvernement, dû aux voies routières d’accès à l’enceinte sportive. Hormis ce problème réel d’infrastructure routière, plusieurs personnes ont relevé le non fonctionnement de certains portiques d’accès aux tribunes, les difficultés d’orientation des supporters, l’impossibilité d’accès à l’immense parking, la mauvaise gestion du flux humains sur la voie express et surtout l’épineux problème de la billetterie. Quant au match amical contre le Maroc, il fut un franc succès populaire, en dépit des soucis de circulation routière dans le plateau et du sempiternel problème de billetterie.
Le processus d’obtention d’un billet de match international de football n’a pas toujours été une sinécure en Côte d’ivoire. En dépit de l’instauration des matchs à guichet fermé, le pays n’est toujours pas exorcisé de ce vice. Bien au contraire, au bénéfice de certains réseaux parallèles, les billets sont vendus en grandes quantités à quelques individus. Ce qui est bien anormal, injustifié et abject. Comment cela est-il possible ? A qui profitent donc « le crime », le réseau ? Des « enquêtes internes et externes sont annoncées par la FIF. Nous attendrons les résultats. Il est tout de même effarant de constater qu’à l’ère de la digitalisation et de la dématérialisation, aucun n’effort substantiel n’est consenti par la fédération de football pour implémenter de nouvelles stratégies de commercialisation et de fidélisation. Nous sommes convaincus que ce ne serait pas le mode de vente adopté par la CAF et le COCAN. Si nous nous trompons, alors le fiasco de la 34ème édition de la CAN sera total et retentissant. La CAF qui annonce une inspection, les jours à venir, des sites de San Pedro, Korhogo, Bouaké et Yamoussoukro, devra porter un regard minutieux sur d’autres aspects moins tangibles que les infrastructures. À moins de trois mois de la compétition, il est temps de tester les mécanismes prévus, de jauger les plans de continuité d’activité (PCA) dans l’optique de mieux les évaluer et les réadapter. En somme, pour une réussite totale de la CAN de l’hospitalité, il faut mettre en situation réelle tous les modèles imaginés dans la billetterie, la gestion des flux humains, la sécurité, la sûreté, l’accès par transport en commun, etc. Evitons donc les « rafistolages professionnels » de dernières minutes, pour le grand bonheur des africains.

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