34ème édition de la Coupe d'Afrique des Nations, le temps des analyses à l'aune des groupes

 

La cérémonie tant attendue et redoutée a eu lieu. Les groupes sont connus de tous, la première confrontation et l’attribution des villes aussi. Le temps de faire une analyse plus exhaustive sur le groupe A, celui de la Côte d’Ivoire, survolons brièvement l’ensemble des poules.

Groupe A : Abidjan-Plateau, stade Félix houphouët-Boigny

Certainement le groupe le plus déséquilibré. Deux mastodontes du football africain confrontés à des « petits poucets », de nom évidemment. Bien entendu, le pays hôte et la Nigeria partent naturellement favoris. Mais, ne nous y trompons pas, dans un contexte de nivèlement des sélections africaines, le moindre faux-pas pourrait avoir des retombées dramatiques pour l’un des « grands ». Il faudra surtout se méfier de la Guinée Équatoriale qui gagne en expérience au fil des CAN. Pour ma part, je crois que la Côte d’Ivoire sera face à trois difficultés majeures : la pression, Ebimpé et l’inexpérience africaine de son staff technique.

Groupe B : Abidjan-Ebimpé, Stade Olympique Alassane Ouattara

Groupe déséquilibré qu’en apparence, dans la mesure où le Cap-Vert pourrait être considéré comme un outsider très crédible. Le Cap-Vert participe à sa 4ème CAN en 10 ans, et cela est une prouesse pour ce petit Etat insulaire de 4 033Km2. Le Mozambique reste une grosse « inconnue » dans le contexte où sa dernière CAN date de 2010. En somme, le Ghana et l’Egypte devrait tirer leur épingle du jeu à moins de se laisser surprendre.

Groupe C : Yamoussoukro, Stade Charles Konan-Banny

La première impression, c’est une Afrique de l’Ouest mobilisée contre le continent camerounais. A part la « petite » Gambie, toutes les équipes se valent bien. Bien sûr le favori reste le tenant du titre, le Sénégal, avec sa forte expérience de matchs de haut niveau, sa stabilité et sa cohésion. Le Cameroun et la Guinée devraient bailler durement pour se faire une place au soleil de Yamoussoukro. Attention au syndrome du tenant du titre pour les Lions de Téranga. Un duel de Lions reste toujours sanglant.  

Groupe D : Bouaké, Stade de la Paix

Le Burkina Faso, « à domicile », aura maille à partir avec ses adversaires, mais présente un groupe très compétitif. L’Algérie, revancharde (sortie au 1er tour en 2021), devrait prendre les choses plus sérieusement en cette édition. La 4ème Nation africaine mettra tous moyens en œuvre pour éviter une quelconque désillusion. Au regard de leurs dernières performances (aucune défaite en qualification) les Fennecs, semblent être mieux préparés pour éviter une erreur de parcours. Quant aux Palancas negras, ils marquent une certaine inconstance (éliminés en 1er tour trois fois d’affilée) et devraient cravacher dur même face aux Morabitounes de la Mauritanie en constante progression et qui, eux, enchaînent leur 3ème participation successive.

Groupe E : Korhogo, Stade Amadou Gon Coulibaly

Le retour de l’Afrique du sud au plus haut niveau (après son quart de finale de 2019) fera certainement trembler tunisiens et maliens. Certes les deux derniers sont des favoris relativement indiscutables de cette poule, mais il faudra envisager le « fighting spirit » connu des peuples originaires d’Afrique australe. Ils ne semblent jamais vaincus avant la fin du match. Les Aigles du mali devraient bénéficier d’un apport conséquent du public qui serait un facteur important (le Mali est à pratiquement 4 heures de Korhogo, par la route). Les hommes d’Eric Chelle qui jouent, pour certains, sur leur terre de naissance, ne devraient pas se laisser dominer par le contexte géopolitique particulier avec la Côte d’Ivoire.

Groupe F : San Pedro, Stade Laurent Pokou

Certainement, selon moi, le groupe le plus équilibré. Au-delà du Maroc (N°1 africain), tout est fort possible pour les autres concurrents. Le duel fratricide des trois pays voisins de la région des Grands Lacs, aura donc lieu sur les bords de l’Océan Atlantique. Certes, la RDC fait figure de potentiel qualifié, mais il faudra compter sur le nouveau football tanzanien (avec ses investissements colossaux) et le retour des Chipolopolo après cinq revers (éliminés au premier tour en 2013, 2015 et aucune qualification en 2017, 2019, 2021). Au risque de me tromper, les meilleurs matchs viendront de ce groupe.

Bien sûr cette analyse se fonde sur les antécédents de ces formations nationales. Il conviendrait alors de préciser que dans une compétition comme la CAN, qui a une saveur particulière et ses réalités, toutes les cartes se jouent. Par conséquent aucune équipe ne vient en victime expiatoire résignée. Les spéculations sont donc ouvertes jusqu’au top départ le 13 janvier 2024 avec un bouillant Côte d’Ivoire-Guinée Bissau à Ebimpé.    

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

CHRONIQUE SUR LA ZLECAf

POUR UN REEL SOFT POWER CULTUREL IVOIRIEN

CHRONIQUE DE LA ZLECAf - 2